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Artéfact W2-08 : Souvenirs d’un passage de bombardements

Sandy Mutch a été mécanicien en radio-électricité dans l’ARC et est arrivé au Royaume-Uni en mars 1941. Après avoir servi dans le premier Escadron de chasse à Lincolnshire, il a été redéployé dans une station radar et avait pour tâche de diriger les chasseurs de nuit pour combattre les bombardiers allemands. Entouré de stations de bombardement, il connaissait très bien le nombre de pertes que les bombardiers alliés subissaient lors des combats nocturnes qui se poursuivaient très tard.

L’équipage de Sandy Mutch L’équipage de Sandy Mutch

Sandy est retourné au RU au début de 1944, après un entraînement militaire aérien au Canada et il a été assigné au 428e Escadron (fantôme) à Middleton St-George, en janvier 1945. Au départ, en vol seulement la nuit, les membres du 428e Escadron furent harcelés par des chasseurs de nuit allemands, des projecteurs et des tirs antiaériens (Flak) et la crainte véritable d’entrer en collision avec des « avions amis ». Dès le 20 mars, le Bomber Command s’est mis à effectuer des raids de jour durant lesquels le Chef de patrouille  laissait des traînées de fumée qui menaient vers la cible. Les Canadiens volaient en « troupeau » dans le ciel et leur formation n’avait pas de configuration précise, ce qui ne ressemblait aucunement à la formation très organisée de la 8e Force aérienne américaine. Cependant, les vols en plein jour étaient beaucoup plus faciles que les vols de nuit!

Les équipages voyaient souvent de grandes formations de Fortress et de Liberator voler à la même altitude. De nombreux bombardiers moyens étaient aussi nettement visibles, mais peu de chasseurs alliés étaient vus, car ceux affectés aux balayages du sol étaient trop bas pour être visibles et ceux en fonction d’escorte étaient souvent trop hauts.

Les équipages pouvaient aussi voir des bouffées de fumée provenant des tirs antiaériens ou des « épouvantails » qui faisaient exploser des bombardiers en ciblant  leur soute à bombes, avant même que ceux-ci ne puissent laisser tomber leur chargement. Ils savaient également que très peu d’équipages étaient capables de se sortir d’un avion endommagé. Parfois, leurs vols croisaient ceux des Américains, ce qui nécessitait des corrections de trajectoire pour éviter les collisions. Quelquefois, ces corrections étaient effectuées en s'alignant sur l’avion en sens inverse en prenant comme point de repère une parcelle de poussière sur le pare-brise; si l’avion n’avait pas bougé  – eux, ils avaient bougé!

Le 31 mars 1945, l’équipage de Sandy fut choisi à titre d’équipage de direction de la navigation et de chef adjoint du « troupeau ». Le groupe dans l’ensemble était composé de 361 Lancaster, 100 Halifax et 8 Mosquitoe à titre d’éclaireurs. De concert avec un groupe d’aéronefs comprenant 134 Mustang et 47 Spitfire en Hollande, il s’agissait d’un raid aux efforts déployés au maximum pour détruire les chantiers navals Blohm et Voss. Il y avait au total plus de 1 500 Canadiens dans l’attaque.

Les bombardiers ont donc décollé à 6 h 15 et tout était « normal » pendant environ deux heures lorsque l’avion leader s’est retiré et a demandé à Sandy de prendre la relève. Perdant des minutes précieuses, le groupe a continué de poursuivre sa cible tout en sachant qu’à titre de dernier groupe, il soutiendrait le plus fort du combat et de l’attaque terrestre. Le groupe étant en retard de dix minutes pour arriver à la cible, il fut évident que les marqueurs fumigènes déclenchés par les Pathfinders étaient de très peu d’utilité; on décida alors de bombarder le nuage de fumée provenant des attaques précédentes. À ce stade, « l’enfer se déchaîna »,car le « troupeau » fut attaqué par des avions de combat allemands. Un sommaire de l’engagement pris de « L’ARC outre-mer – La sixième année », pages 152-156, décrit le scénario :

« Le dernier groupe – en retard de dix minutes – n’a pas rejoint le parapluie d’avions de combat prévu. »

« Pendant quatre ou cinq minutes, ils ont combattu de façon ardue – en tout, il y a eu 78 affrontements et 28 équipages ont signalé un combat ou plus avec l’ensemble de chasseurs à réaction. »

« Cependant, nos pertes auraient été encore plus élevées n’eut été l’arrivée opportune de certains Mustang de la RAF qui sont retournés vérifier l’avion volant au loin derrière la force principale. »

Finalement, l’avion de Sandy allait être attaqué, mais il évita cette attaque en poussant la manette vers l’avant, exécutant ensuite un « virage dos » à G négatif, manœuvre interdite au Lancaster. Le navigateur, le viseur de lance-bombes et le mécanicien de bord se « sont envolés » et se sont retrouvés sur le plafond de l’avion, alors que deux Me262 ont touché l’avion en le survolant à une longueur moindre que celle d’une aile!

Ramenant la manette vers l’arrière, l’équipage a subi les effets de la gravité, l’empêchant ainsi de se remettre à voler, car il est tombé dans la tourelle du viseur de lance-bombes où il était « cloué » par les effets du G positif. L’équipage s’est donc  efforcé de retrouver sa position alors que l’avion est revenu en position de direction.

Le reste du retour au pays s’est passé « sans anicroches ».

Les conséquences  – les dommages sur la base U-Boat étaient minimes. Les pertes s’élevaient à onze avions, dont huit Lancaster et trois bombardiers Halifax. Huit d’entre eux ont été abattus par des chasseurs, un par des tirs antiaériens et deux par des collisions. Parmi ces pertes, il y en avait huit – cinq Lancaster et trois Halifax – qui faisaient partie du « troupeau » dirigé par l’avion de Sandy.

L’analyse des renseignements sur le raid indiquait que le groupe a subi 47 attaques individuelles par au moins 30 Me262 et plusieurs FW 180. Durant le raid, 54 équipages ont été fauchés et 24 ont sauté en parachute et sont devenus des PG. L’équipage de Sandy a déclaré la destruction de quatre Me262, la possibilité d’en avoir frappé trois autres, des dommages causés à cinq et des dommages à un avion de chasse ME163 avec moteur à propulsion.

Il est probable qu’en raison du manque de pilotes de chasseur expérimentés, les pertes de ce raid étaient moins élevées que celles du raid à Nuremberg un an plus tôt, soit le 31 mars 1944, lorsque 95 bombardiers sur un nombre de 785 furent abattus. 

La guerre allait bientôt prendre fin, mais pas avant d’avoir fait voler plusieurs autres « troupeaux » avant le jour de la Victoire de l’Europe.

Toile commissioné par Sandy Mutch représentant les combats Toile commissioné par Sandy Mutch représentant les combats

Note de la rédaction : Dans l’après-guerre, Sandy Mutch est devenu géologiste et a profité d’une longue carrière dans l’industrie minière. Il est maintenant à la retraite et il demeure près d’Ottawa.

Rédigé par : Ken Cownley pour Sandy Mutch

 

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