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 L’un des plus grands trésors de ma famille est un document dactylographié sur une seule feuille de format légal et daté du 24 mai 1944. Classé ULTRA-SECRET, il est numéroté « 30 » au crayon et porte l’en-tête LISTE BIGOT « A ». Les noms ainsi que les fonctions de 43 officiers et de 6 aviateurs y figurent. On y trouve aussi le bloc-signature du vice-maréchal de l’air H. Broadhurst, commandant du groupe no 83 de la 2e Force aérienne tactique.

Bigot List 1 Copy

J’ai appris qu’en préparation du jour J, on avait attribué une cote de sécurité plus élevée qu’ULTRA-SECRET aux documents qui contenaient des renseignements essentiels sur les cibles, les zones de débarquement et les niveaux de force pour l’opération OVERLORD. Sur de tels documents, on apposait le tampon BIGOT, et on disait des individus sur la liste de distribution qu’ils étaient des BIGOTS. Toutefois, malgré le grand nombre d’hommes et de femmes des trois branches de l’armée qui ont part à la planification d’OVERLORD, seul un petit nombre d’entre eux ont été inscrits sur une liste BIGOT.

Mon époux, E.K. (Kyrle) Farmer, lieutenant d’aviation responsable des cartes et des plans, est le plus jeune officier à être nommé sur la liste BIGOT du groupe no 83. Il s’est enrôlé dans l’ARC en 1942, a obtenu son brevet de pilote et s’est joint au 414e escadron (Black Knight) en Grande-Bretagne. Au début de 1944, il a été retiré de ses fonctions de pilote et affecté aux préparatifs en vue de l’invasion de la France. C’est à ce moment qu’il est devenu un BIGOT. Les informations qu’il allait obtenir étaient si sensibles qu’on lui interdirait de piloter un avion et de quitter la Grande-Bretagne pour rejoindre le 414e escadron jusqu’à ce que les Alliés aient repris le pouvoir en Europe.

Kyrle, un jeune homme qui avait pris part à la planification de l’un des moments marquants du siècle dernier, souhaitait sans doute garder un souvenir de son implication et voilà pourquoi il a demandé à son officier supérieur s’il pouvait conserver sa copie de la LISTE BIGOT « A ». Son supérieur lui a répondu : « Oui, mais gardez ce document secret et n’en parlez pas à personne ». 

Kyrle a tenu sa parole. Ce n’est qu’en 1987, lors d’un voyage en France, qu’il m’a raconté son histoire, et j’étais la première personne à qui il en parlait.

Soumis par : Win Farmer

 Pour la version longue de ce texte, qui explique les origines possibles du terme BIGOT, veuillez consulter le Flambeau de novembre 2015, n4, vol. 25, sur le site web des AMCG.

 

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